20 Citations de Toni Morrison, une Femme d’Influence Immortelle

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Toni Morrison, Timothy Greenfield Sanders

Ce 5 août 2019, une femme d’exception nous a quittés. Toni Morrison fut la première et la seule femme noire a avoir reçu le prix Nobel de Littérature, distinction donnée à seulement 8 femmes à ce jour. Sa notoriété de romancière devint internationale en 1988 lorsqu’elle obtint le prix Pullitzer pour son roman Beloved.

Si tu n’as jamais lu cette auteure, commence par cette œuvre : tu ne seras plus la même en refermant ce livre. L’histoire qu’il raconte, et la puissance de son style, de ses images, de son rythme, ne te lâcheront plus, comme une musique qui te reste dans la tête et que tu as envie d’écouter encore et encore. Je ne t’en dis pas plus, ouvre-le et tu ne voudras plus le refermer.

Mais Toni Morrison n’était pas qu’une virtuose de l’écriture, ou une conteuse d’histoires, elle était une femme engagée, dont la réflexion subtile échappait à tous les stéréotypes. Elle avait compris que la littérature, et plus largement le langage pouvaient changer le monde, être un instrument d’oppression ou de libération, de ressassement ou de dépassement, de soumission ou de fierté, et ses mots demeurent offerts à chaque lecteur ou à chaque société qui veut transcender ses blessures et ses barrières.

Voici quelques citations extraites de ses œuvres :

 «Appartenir», c’est un vilain mot. En particulier si on l’applique à quelqu’un qu’on aime. L’amour, ça ne devrait pas être comme ça. As-tu déjà vu comment les nuages aiment une montagne? Ils l’entourent ; parfois on ne peut même plus voir la montagne à cause des nuages. Mais je vais te dire, si on monte au sommet, qu’est-ce qu’on voit? La tête de la montagne. Les nuages ne recouvrent jamais sa tête. Sa tête passe à travers les nuages parce qu’ils la laisse passer ; ils ne cherchent pas à l’envelopper. Ils laissent la montagne garder la tête haute et libre, sans rien pour la cacher ou l’aveugler.

La chanson de Salomon, 1977.

C’est la haine qui fait cet effet. Elle consume tout, sauf elle-même, si bien que, quel que soit votre chagrin, votre visage devient exactement le même que celui de votre ennemi.

Love, 2002.

Ici, disait-elle, là où nous résidons, nous sommes chair ; chair qui pleure et rit ; chair qui danse pieds nus sur l’herbe. Aimez tout celà. Aimez le fort. Là-bas, dans le pays, ils n’aiment pas votre chair. Ils la méprisent. Ils n’aiment pas vos yeux ; ils préféreraient vous les arracher. Psa plus qu’ils n’aiment la peau de votre dos. Là-bas, ils la fouettent. Et, ô mon peuple, ils n’aiment pas vos mains. Ils ne font que s’ne servir, les lier, les enchaîner, les couper et les laisser vides. Aimez vos mains ! Aimez les ! Levez-les bien haut et baisez les.

Beloved, 1987.

Comment devient-on raciste, sexiste ? Puisque personne ne naît raciste et qu’il n’existe pas de prédisposition fœtale au sexisme, on apprend à fabriquer l’Autre non par des conférences ou par une instruction, mais par l’exemple.

L’origine des autres, 2017.

“Tu vois ce que je veux dire? Ne compte que sur toi-même. Tu es libre. Rien ni personne n’est obligé de te secourir à part toi. Sème dans ton propre jardin. Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuses restrictions dans les deux cas, mais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C’est ça, l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde.”

Home, 2012.

Dans la poussière où mon coeur va demeurer chaque nuit et chaque jour jusqu’au moment où tu comprendras ce que je sais et brûle de te dire : recevoir le pouvoir de dominer autrui est chose difficile ; s’emparer de force de ce pouvoir est chose erronée ; donner ce pouvoir sur soi-même à autrui est chose mauvaise.

Un Don, 2008.

Il y a une solitude que l’on peut bercer. Bras croisés, genoux remontés, on se tient, on se cramponne et ce mouvement, à la différence de celui d’un bateau, apaise et contient l’esseulé qui se berce. C’est une solitude intérieure, qui enveloppe étroitement comme une peau. Puis il y a une solitude vagabonde, indépendante. Celle-là, sèche et envahissante, fait que le bruit de son propre pas semble venir de quelque endroit lointain.

Beloved , 1987.
Timothy Greenfield Sanders

De nos jours, on juge le silence étrange et ceux de ma race, pour la plupart, ont oublié combien peut être beau le fait de signifier beaucoup en disant peu.

Love, 2002.

Comme chacune avait compris depuis longtemps qu’elle n’était ni blanche ni mâle, que toute liberté et tout triomphe leur était interdits, elles avaient entrepris de créer autre chose qu’elles puissent devenir.

Sula, 2002.

On n’a pas besoin d’être violents. On a besoin d’être malins.

La Chanson de Salomon, 1977.

Le sommeil n’était pas fait pour rêver : il servait à rassembler des forces pour les jours à venir.

Home 2012

Se libérer était une chose; revendiquer la propriété de ce moi libéré en était une autre.

Beloved, 1987.

Je me suis rappelé que la liberté n’est jamais gratuite. Il faut lutter pour l’obtenir. Travailler pour l’obtenir et s’assurer qu’on est capable d’en faire usage.

 Délivrances, 2015.

Tu dis que tu vois des esclaves plus libres que des hommes libres. L’un est un lion dans la peau d’un baudet. L’autre est un baudet dans la peau d’un lion .

Un don, 2008.

Que tout Blanc avait le droit de se saisir de toute votre personne pour un oui ou pour un non. Pas seulement pour vous faire travailler, vous tuer ou vous mutiler, mais pour vous salir. Vous salir si gravement qu’il vous serait à jamais impossible de vous aimer. Vous salir si profondément que vous en oubliiez qui vous étiez et ne pouviez même plus vous en souvenir. Et qu’alors même qu’elle, Sethe, et d’autres étaient passés par là et y avaient survécu, jamais elle n’aurait pu permettre que cela arrive aux siens. Le meilleur d’elle, c’étaient ses enfants. Les Blancs pouvaient bien la salir, elle, mais pas ce qu’elle avait de meilleur, ce qu’elle avait de beau, de magique -la partie d’elle qui était propre.

Beloved, 1987.

Dangereux se dit Paul D, très dangereux. Pour une ancienne esclave, aimer aussi fort était risqué; surtout si c’étaient ses enfants qu’elle avait décidé d’aimer. Le mieux, il le savait, c’était d’aimer un petit peu, juste un petit peu chaque chose, pour que, le jour où on casserait les reins à cette chose ou qu’on la fourrerait dans un sac de jute lesté d’une pierre, eh bien il vous reste peut-être un peu d’amour pour ce qui viendrait après.

Beloved,1987.

Il ne comprenait pas : un rêve, c’est juste un cauchemar avec du rouge à lèvres.

Love, 2002.

Regretter n’arrangeait rien, s’en vouloir non plus, mais réfléchir, peut-être. Si elle ne se respectait pas elle-même, pourquoi quelqu’un d’autre devrait-il le faire?

Home, 2012.

« Dépose-les, Sethe. Epée et bouclier. Pose-les. Pose. A terre, l’un et l’autre. A terre au bord de la rivière. Epée et bouclier. Ne cherche plus la guerre. Dépose tout ce fourbi. Epée et bouclier. »
Et sous la pression des doigts et de la voix paisible qui ordonnait, elle s’exécutait. Les lourds poignards de ses défenses contre le malheur, les regrets, l’amertume et la douleur, elle les déposait un à un sur une rive au-dessous de laquelle ruisselait une eau claire.

Beloved, 1987.

Ce qui est juste n’est pas forcément bien.

Beloved, 1987.

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