Harriet Tubman : 1ère femme noire à figurer sur un billet américain

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À l’ère de l’esclavagisme, une très longue période sombre et trouble, a vu beaucoup de vies détruites. Une injustice faite à l’Homme noir où l’on se servait de la bible pour fonder et justifier son asservissement. Bien que ce temps soit lointain, des personnages, des #Icônes, nous rappelle toujours à l’ordre pour la bienveillance à autrui. Il n’y a plus lieu de s’interroger sur l’origine de ce mal, de ces souffrances et de ses humiliations, nous le connaissons ; mais il y a lieu de s’interroger sur ceux qui ont contribué à nous en sortir. Et Harriet Tubman en fait partie.

Cette femme, que peu de personnes connaissent, est née en 1820 de parents esclaves dans le Comté de Dorchester – Maryland aux États-Unis. Elle forge le respect et incarne la bravoure, car son action fut déterminante durant l’esclavagisme et ce, jusqu’à la guerre de Sécession.

 »Dans mon esprit je vois une ligne, et au delà de cette ligne je vois des champs verts et de jolies fleurs, et de belles femmes blanches avec les bras tendus vers moi par dessus cette ligne. Mais je ne vois aucun moyens d’y aller. Je ne vois aucun moyen de passer cette ligne. » — Harriet Tubman

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1. Son histoire

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Quand on parle d’esclavagisme, beaucoup d’entre nous pensent en premier lieu à Toussaint Louverture ; et pour cause, il a été l’un des grands libérateurs de cette période… Mais plus loin de nous, une femme du nom de Araminta Ross – qui prend le nom de Harriet en honneur à sa mère, et Tubman, nom de son premier mariage – attire tout particuièrement notre attention.

5ème d’une fratrie de 9 enfants, elle sera vendue à l’âge de 6 ans comme la plupart de ses frères et sœurs. À l’époque où les familles étaient décimées par leur négrier, elle perdit une partie de sa famille pour toujours. Une vie difficile tout le long de la traite négrière, elle ne sera pas épargnée par ses « maîtres. » Malgré les coups de fouets, les blessures graves, cette femme ne lâche jamais rien !
À des moments où beaucoup d’entre nous auraient abandonné, elle se jure de ne pas finir comme certains de ses frères envoyés dans le sud, lieu qui était assimilé à l’oubli pour toujours.

Jeune déjà, elle s’affirmait et montrait son indignation pour la souffrance infligée à sa communauté ; cela lui valu des corrections et une importante blessure à la tête provoquant un syndrome épileptique qui la suivra tout le long de sa vie. Fervente croyante, elle était persuadée que les interprétations faites par les esclavagistes n’étaient qu’un moyen de les rendre obéissants.

Forte et armée d’un courage sans faille, Harriet Tubman prendra son destin en main le jour où elle demanda à Dieu :  »Mon Dieu, si vous ne comptez pas changer le cœur de cet homme, tuez-le, et ôtez-le de mon chemin. »

Elle s’enfuit à l’âge de 27 ans avec l’aide des membres du mouvement abolitionniste les  »Quakers » qui avait un vaste réseau d’évasion sous le nom de Underground Railroad (le chemin de fer clandestin). Elle s’échappa, bravant le danger et les péripéties pour enfin retrouver la liberté dont elle rêvait tant. Elle part sans sa famille… Sans son mari qui refuse de la suivre par peur d’être rattrapé par leurs bourreaux. Elle montre à quel point elle est déterminée et croit en la justice de Dieu dans tout ce qu’elle entreprend.

Guidée par sa foi et sa ténacité, elle ira jusqu’en Pennsylvanie où elle décrira plus tard dans ses mémoires son voyage comme une  »expérience religieuse. »

 »Quand je découvris que j’avais franchi cette ligne, je regardai mes mains pour voir si j’étais la même personne. Il y avait une telle gloire sur tout : le soleil est apparu comme l’or à travers les arbres et sur les champs, et je me sentais comme si j’étais au Paradis.’‘ — Harriet Tubman

2. Son combat

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Sa détermination et sa conviction la font revenir sans hésiter à l’endroit même où elle avait été asservie, dans le but d’aider sa famille à s’enfuir.

 »J’étais une étrangère dans un monde étrange […] Mon père, ma mère, mes frères et sœurs, et amis étaient au Maryland. Mais j’étais libre, et ils devaient être libres eux aussi. » — Harriet Tubman

Dans l’année qui suivit, le congrès américain adopte le Fugitive Slave Act  qui consistait à renforcer la recherche d’esclaves en fuite en proposant des récompenses à la clé. Malgré cela, elle ne s’avoue pas vaincue… Elle travaille, économise et repart à la recherche du reste de sa famille.

Harriet Tubman retournera dans le comté de Dorchester pour venir aider d’autres esclaves voulant s’enfuir. Elle en fera son combat : la liberté de sa communauté au prix de sa propre liberté.

Harriet Tubman, c’est la symbole de la résistance. Elle ne lésine pas sur les moyens. Son intelligence et sa technicité lui permettent de mettre en place des stratégies et des ruses pour libérer les autres détenus encore dans les plantations.

Elle se mobilisera en s’engageant avec l’armée de l’Union, sur qui elle fonde ses espoirs de libération des Noirs. Elle participe à la guerre de Sécession. Elle est infirmière, cuisinière et espionne… Autant de casquettes qui font d’elle une #Femmedinfluence au sein de l’organisation abolitionniste. La proclamation d’émancipation de tous les esclaves vivant dans le Sud par Abraham Lincoln est pour elle une étape très importante vers la liberté du peuple Noir. Elle décide de prendre l’assaut vers la rivière de Combahee avec 300 soldats à bord, une action décisive dans son combat.

La guerre de Sécession est finie, et pourtant Harriet Tubman n’a pas dit son dernier mot, puisqu’elle s’engage en faveur de la lutte contre le racisme des Afro-Américains, mais aussi pour le droit de vote des femmes mettant en lumière leur participation à l’émancipation de l’Amérique et leur dévouement. Elle retrouvera l’amour auprès de Nelson Davis, un vétéran de guerre et sera entourée par sa famille dans sa maison à Auburn.

Cette femme, d’une générosité incroyable, après 30 ans d’attente d’une retraite d’ancienne combattante, l’utilisa pour financer l’hospice pour Afro-americains où elle séjournera, et finira ses jours en 1913. Véritable icône au États-Unis, dont le parcours est enseigné dans les programmes d’histoire,  elle est reconnue comme le symbole de la résistance. Son image sera reprise par les Black Panthers.

 

3. Le visage d’une héroïne

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Symbole d’une liberté reprise au prix de tant de souffrances, elle sera la première femme noire à être representée sur les billets de 20 dollars.

Elle impose ainsi, avec elle, tout un symbole puisqu’elle prendra la place d’Andrew Jackson, le président  »tueur d’indiens ». Par sa présence sur ce billet, la répression laisse enfin place à la résistance !
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« Je n’ai jamais perdu un seul passager. »
– Harriet Tubman –

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