Témoignage : Avorter Seule a été L’Épreuve La Plus Dure Ma Vie Et Le Point de Départ de Ma Nouvelle Vie

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Chaque avortement est unique : il y a autant de témoignages que d’expérience vécue. Découvre le témoignage de notre lectrice, que nous appellerons Q., qui a eu le courage et la générosité de nous partager son histoire.

Cela faisait 5 ans que nous étions en couple. Les dernières années, nous étions à distance. On se voyait toutes les 2 semaines. Nous commencions à envisager notre vie sérieusement ensemble et nous rapprocher, mais nos différences culturelles étaient trop fortes. Notre couple a commencé à aller mal et nous n’avions que peu de rapports. Comme je n’aime pas le côté “chimique” des hormones et médicaments, je ne voulais pas continuer à prendre la pilule pour « si peu ». Nous ne nous protégions pas et je me disais naïvement que ma vie était tellement nulle que Dieu n’allait pas faire en sorte que je tombe enceinte !

Pourtant, c’est arrivé.

Quand j’ai su que j’étais enceinte, j’étais dans tous mes états mais je savais que je n’allais pas le garder. Les quelques jours de doute avant le test m’avaient permis de faire le point. C’était le chaos entre mon ex et moi. L’ambiance était horrible quand nous nous retrouvions. C’était froid au point que notre principal sujet de conversation était de savoir si nous devions ou non rester ensemble. Certes, l’aspect matériel était convenable mais notre couple était au plus bas.

Je voudrais que mes enfants naissent dans l’amour et la stabilité émotionnelle, pas quand tout se passe aussi mal.

Une fois chez lui, quand j’ai finalement réussi à lui annoncer la nouvelle, sa première réaction a été de me dire que Dieu ne nous pardonnerait pas d’avorter et qu’il ne fallait pas le faire. Puis, finalement il m’a dit que c’était à moi de décider et qu’il me soutiendrait quoi que je décide. On peut trouver que sa réaction a été bonne, mais moi, je l’ai vécue comme un abandon. Il me disait en quelques sortes qu’il se sortait de l’équation.

A partir de là, j’ai tout fait toute seule.

Je ne parle pas de ce qui m’arrive autour de moi, ni à mes amis proches, ni à ma famille donc je n’ai prévenu personne. Ma soeur sait tout de ma vie mais elle ne le sait pas et elle ne le saura jamais. La seule personne à le savoir, c’est ma mère, parce qu’elle m’a ramassée à la petite cuillère un jour. Je préfère que personne ne le sache parce que de cette manière, je n’ai pas à en parler. 

Comme j’étais au tout début de la grossesse, j’ai découvert que j’avais droit à l’avortement par voie médicamenteuse. Dix jours s’écoulent en moyenne entre la prise de décision officielle et la fin du processus. C’était un supplice. L’avortement en lui-même se fait en deux temps avec un premier médicament mettant fin à la grossesse, et un second, à prendre 48h plus tard, évacuant le foetus. Ces deux jours de battement ont été les plus difficiles pour moi.

J’étais sure de moi au fond, mais je me sentais impuissante. 

C’est à ce là que le déclic s’est fait en moi : je devais quitter mon ex. Il ne m’avait pas contactée du tout ce jour-là, bien qu’il connaissait la date de l’avortement, et qu’il était le seul. Lorsque je l’avais appelé le lendemain, il m’avait dit qu’il avait eu une nouvelle difficile la veille. C’était vrai, mais j’ai réalisé à ce moment-là que si je faisais ma vie avec cet homme, même dans mes pires situations, il y aurait toujours d’autres priorités.

Je vivais un des pires moments de ma vie et il n’était pas là.

C’était la dernière chose que je pouvais supporter de vivre avec lui. Quelques semaines après l’avortement, j’ai arrêté d’aller chez lui et j’ai rompu.

J’ai alors pris un billet pour le Kenya et je ne suis plus jamais retournée dans sa ville.

C’est ce qui a marqué le point de départ de ma nouvelle vie. Je suis un jour tombée sur une vidéo de développement personnel. Elle disait que lorsque quelque chose de difficile nous arrive, il faut cesser que de ruminer notre tristesse et de nous demander pourquoi, pourquoi moi… Au contraire, il faut se demander qu’est-ce que je fais sur terre, pourquoi suis-je là, qu’est-ce que je peux apporter ? C’était pour moi complètement différent des conseils type « prenez du temps pour vous », « soyez dans l’acceptation » etc. Là, c’était quelque chose de concret : quelle est ta place dans le monde, qu’est-ce que tu veux faire.

Et c’est de là que tout est parti. J’ai tout noté sur un papier et je me suis lancée.

Rien n’aurait pu changer le fait que c’était une des pires périodes de ma vie. Cependant, c’est aussi grâce à cette période difficile et au fait que j’ai eu à la traverser seule que j’ai autant entrepris par la suite pour construire le bonheur que je vis aujourd’hui. Cette période a été le point de départ pour ma nouvelle vie. Il y a clairement eu un avant et un après. Pendant toute la période difficile, j’étais en dehors de moi-même. C’était comme si je me voyais agir et qu’une force était venue me permettre d’avancer alors que je n’arrivais à me raccrocher à rien.

C’est aussi elle qui m’a permis de ne pas revenir à ma vie d’avant mais d’en créer une nouvelle qui soit alignée avec qui je suis !

La seule difficulté qui pour moi est restée par la suite a été le fait de voir des bébés et des femmes enceintes partout. J’ai notamment appris quelques mois après mon avortement que ma meilleure amie était enceinte. Elle ne sait rien de mon avortement. J’étais heureuse pour elle, mais sans culpabiliser, sa grossesse me renvoyait à mon histoire.

Cela peut paraître absurde mais même s’il est prouvé qu’il n’y a aucun risque, je ne peux m’empêcher de me dire que l’avortement que j’ai vécu aura un impact sur ma fécondité.

Le conseil que j’aimerais donner à une femme sur le point d’avorter, c’est que même si tu es pudique ou réservée, il faut absolument en parler au moins à quelqu’un. Il ne faut pas porter tout cela toute seule et surtout, il ne faut pas culpabiliser. Tout le monde fait des erreurs, tout le monde fait des bêtises mais une fois que c’est arrivé, c’est passé, il faut avancer.

“Je pense que cela devait m’arriver et je n’échangerais pour rien au monde la vie que j’ai créée aujourd’hui.”

Merci Q.

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