Innovante et femme de terrain : Les 5 forces de Aïssa Dione pour s’imposer dans le marché du textile

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Reconnue pour son travail et sa ténacité, Aïssa Dione est une femme condamnée à la réussite ! Du national à l’international, elle avale tout sur son passage et prouve que l’entrepreneuriat, même risqué, finit toujours par payer tant qu’on a une conviction aussi profonde que notre être :   »Ainsi, la philosophie de l’entreprise est de valoriser le coton cultivé en Afrique de l’Ouest en ayant comme vecteur le design contemporain.

 » – Aïssa Dione

La passion, le travail et la persévérance sont mes compagnons de route. – Aïssa Dione

Chic et élégante, cette femme de 64 ans est designer et artiste formée aux Beaux-Arts à Paris. Franco-sénégalaise, elle rallie ses deux cultures à son art et apporte ainsi sa touche personnelle dans toute ses créations. Ses études artistiques lui permettent de vivre de ses tableaux qu’elle crée et vend en faisant du porte à porte. Ce culot finit par la mener vers ce qui est devenue aujourd’hui une entreprise florissante, Aïssa Dione Tissu fondée en 1992.

 »Je me rends compte que je nage à contre-courant économique… Mais en même temps, je sais que cela est la seule façon de vous développer. Nous montrons la voie à suivre. »

3points

1. Être Déterminée

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Installée au Sénégal en 1985, la jeune artiste-peintre tente de vendre ses œuvres à Pierre Babacar Kama, patron des Industries chimiques du Sénégal, qui lui répond qu’il a plutôt besoin d’un lifting dans ses bureaux.  »Tout de suite j’ai bluffé , il n’y a aucun problème, je peux aménager vos bureaux sans soucis… » – A ce moment là, je n’avais jamais fait de facture de ma vie, je n’avais jamais fait de maquette non plus, explique t-elle.
Il a fallu qu’elle soit inventive et créative. En s’appuyant sur ses amis, de fil en aiguille, elle se met à chercher comment faire, à réfléchir à ce qu’elle pourrait utiliser comme matériaux ; et elle se souvint du tisserand traditionnel dans la cours de sa grand-mère qui exerçait… Ça a été une révélation pour elle ! Il fallait utiliser ces tissus pour réaliser le mobilier !
A l’époque, 100% des tissus d’ameublement était importé, mais elle se refuse de faire de l’importation, alors qu’elle peut développer le savoir-faire local. Elle décide alors de relancer le secteur textile au Sénégal. Ce fut le début d’une grande aventure. Malgré les impasses qui se dressent, elle est sûre qu’elle peut convaincre des tisserands en quête du fil, du Graal ; et elle se rend compte en parcourant l’Afrique de l’Ouest que ce métier doit être ravivé. Elle sillonne les routes du Sénégal à la recherche de personnes qui voudront travailler avec elle.
Elle veut révolutionner le monde des tisserands en changeant les codes de confection et réussi avec l’aide du tisserand de sa grand-mère à changer la largeur des métiers à tisser de 15cm à 90cm. C’est une révolution ! Cela la propulse sur le marché de l’industrie et de l’ameublement.

 » C’est la boîte de Pandore qui s’est ouverte. »

 

2. Être Engagée

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1 million de tonnes de coton est produit et exporté par l’Afrique de l’Ouest. Rien n’est transformé. Le Sénégal lui seul exporte 50 milles tonnes de coton qui sont vendus entre 1 et 2 euros sur le marché international, dont Aïssa Dione souligne ce paradoxe. Nous avons de la matière première, mais elle est exploitée par les autres. Elle se révolte que l’Afrique envoie de bonnes choses, et récupère les textiles usés via des associations comme Emmaüs ou autre pour aider  »les pauvres », alors qu’on ne l’est pas.

 » On ne peut pas laisser aller s’enfuir nos matières naturelles et retourner en échange de l’acrylique, du polyester, des choses qui ne valent rien, qui sont comme de la pacotille. »

Elle s’agace du manque d’intérêt que le peuple sénégalais a pour ses propres produits. Elle refuse le scepticisme des financiers, qui ne croient pas au développement du textile au Sénégal. Bien que cette filière ait disparu depuis trois décennies, elle ne s’avoue pas vaincu. Elle persiste et signe qu’en donnant la possibilité aux ouvriers tisserands, ils peuvent relancer le secteur du textile en Afrique de l’Ouest, en utilisant le savoir-faire post-colonial qui est le tissage traditionnel d’origine mandjaque.
Lors de son discours au TeDx à Sandaga, elle appelle a une sensibilisation des pouvoirs publics en soulignant qu’il serait mieux d’investir sur le développement local que sur des routes qui coûtent des fortunes à l’état. Elle explique que les jeunes sortent diplômés, mais ne trouvent pas de travail.

 »On a même pas pu faire notre révolution industrielle, on a des métiers à tisser, des ouvriers qui ont des compétences, du coton et pourtant on consomme du tissu qui vient d’ailleurs, c’est le grand paradoxe! C’est la grande absurdité du système. »

 

3. Se développer localement et valoriser le savoir-faire du pays

Aïssa Dione est avant tout une femme très engagée dans ce qu’elle fait. Elle travaille pour le Sénégal et l’Afrique tout entière. Elle croit fermement au potentiel de l’Afrique, et estime qu’en tant qu’Africaine et fière de l’être, il est plus qu’important de se servir de nos ressources pour notre propre développement. Son cheval de guerre est qu’il faut changer notre façon de penser, que l’Afrique a tout ce dont elle a besoin pour créer des emplois en créant des entreprises afin de promouvoir le savoir-faire Sénégalais et Africain. Elle a pour but de montrer que le Sénégal est capable d’un développement endogène et économique. Seules les ressources locales sont utilisées, et tout cela en ralliant le savoir-faire industriel et traditionnel.

 

4. Influencer et Impacter

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Raviver une industrie, la création d’emplois, le démarrage d’une nouvelle entreprise, parfois, cela signifie que vous devez nager à contre-courant de la pensée conventionnelle.

Grâce à ses tissus et ses meubles contemporains, Aïssa Dione a conquis les plus grands couturiers et décorateurs du monde.
Par son coup de bluff qui lui a permis de trouver sa voie, cette #Femmedinfluence est à la tête d’une importante entreprise florissante, Aïssa Dione Tissu. Elle est reconnue dans le milieu international du luxe et de la décoration haute-gamme. Ses produits se vendent aussi bien bon marché, que dans des showrooms new-yorkais, parisiens, ou encore au SIAO de Ouagadougou. Cette réussite tant économique qu’artistique, repose sur une profonde conviction.

 »Je veux prouver qu’il est possible de consommer sénégalais. En Afrique, nous produisons des tas de matières premières, du coton, du bois, du cacao, des diamants…, mais nous ne fabriquons quasiment rien. Avec cette entreprise nous démontrons que nous savons transformer ces richesses nous-mêmes, en ciblant la qualité ».

Les grandes maisons telles que Hermès, le Metropolitan Museum of Art, Fendi ou encore Christian Lacroix lui ont passé commande. Elle est nommée la championne du textile sénégalais, et elle a son portrait dressé par Forbes. De l’International à toute l’Afrique de l’Ouest, tout le monde veut des meubles #Aïssa Dione Tissu !
En combinant l’industrie, la matière première qui est le coton, l’art, le savoir-faire traditionnel qui permet de créer de l’emploi, on a un cocktail d’Innovation, de Beauté, et d’Âme.

 »La notion de beauté et de qualité pour s’imposer à l’international. »

 

5. Être Visionnaire

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Des débuts difficiles ou elle doit s’imposer avec ses idées… L’aventure entrepreneuriale qui a commencé avec 1 seul tisserand dans le jardin de sa maison est un PME très prospère aujourd’hui. Elle réussit à mélanger plusieurs métiers d’artisanat de luxe : le tissage, la broderie,la menuiserie, la maroquinerie, la tapisserie, ou encore la couture. Elle a vite compris qu’il fallait apporter une touche de modernité. Même en restant basé sur les méthodes traditionnelles et ancestrales, apporter une nouvelle vision de la création africaine était plus que nécessaire pour se démarquer. Le marché de l’ameublement est détenue par l’international, et en tant que fervente militante de la production locale, elle se devait d’épater pour s’imposer.

Elle a commencé par la révolution de la taille des métiers à tisser, puis elle chercha à avoir des teinturiers capables de lui créer des couleurs originales, tout cela pour parer à l’importation. Elle pense mondial et travaille en adéquation avec l’environnement.

Elle développe une gamme entièrement biologique avec une exigence à l’excellence en utilisant un coton cultivé au Sénégal dans la région de Koussanar dont le filage est fait à la main dans les villages de celle-ci. L’exercice d’activité légère à la place d’une industrie néfaste permet de parer au réchauffement climatique. Elle varie ses matières en proposant des gammes de tissages à base de coton mélangé de viscose, raphia ou encore de soie et montrant ainsi un art africain sophistiqué et contemporain.

 »Ce que je veux avec notre activité c’est de produire quelque chose sur le marché international, penser que l’on peut redevenir maître du jeu tout simplement en transformant nos matières premières avec nos savoirs faire et ce que l’on peut trouver sur place avec très peu d’investissement. »  – Aïssa Dione

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