Jay-Z

Est-ce que liker des photos sur Instagram, c’est tromper ?

Depuis les années 2000, Internet fait partie intégrante de nos vies, et notre smartphone est presque un prolongement de nous-mêmes.

Cet objet permet une promiscuité remarquable avec nos relations amicales, familiales et professionnelles, même à l’autre bout du monde. Parfois même, il permet d’avoir une double vie virtuelle. Certains hommes pourtant en couple se plaisent à séduire sur le net grâce aux réseaux sociaux. Quelle est donc la limite du couple entre le monde virtuel et la réalité ? Qu’est-ce que la tromperie à l’ère d’Internet ? Où sont ses limites ? Penser à une autre femme ou liker ses photos sur Instagram, n’est-ce pas déjà tromper ? 

Tout a commencé par ce tweet… Qui nous a fait beaucoup rire ! À la rédac’, on en a débattu pendant des heures et des heures ! Tellement les avis divergeaient et les discussions s’envenimaient. Certaines considéraient cela comme de l’infidélité, d’autres non. Mais quoiqu’il en soit, ce tweet, aussi drôle soit-il, dit quelque chose sur la façon dont nous consommons l’amour aujourd’hui.

Selon la sexologue Tammy Nelson, Internet et les smartphones ont distordu les règles de la monogamie traditionnelle : il est nécessaire pour un couple de les redéfinir ensemble :

“Vous ne devez pas rédiger un contrat, mais avoir une discussion ouverte où vous expliquez à quoi ressemble votre notion de la monogamie”

D’après une étude IFOP, réalisée en 2014 sur 804 individus pour le compte du site de rencontre Gleeden, l’infidélité est en hausse depuis les années 1970 avec 19% de Français infidèles contre 43% aujourd’hui.

Il faut savoir qu’Internet permet à certains hommes d’assouvir leurs fantasmes les plus inavoués, sans pour autant motiver au passage à l’acte. Assouvir ses fantasmes dans le virtuel, n’est-ce pas un bon moyen de rester fidèle dans la réalité ?

Mais comment ne pas être blessée lorsque ton homme regarde ou fantasme sur une autre femme? Et n’est-ce pas déjà de l’infidélité le fait qu’il fantasme sur une autre femme ? C’est là toute la question !


Pour certains hommes, il ne s’agit que d’un passe-temps, et regarder des photos de femmes sexy sur Instagram, c’est un peu comme regarder un magazine. D’autres, ont besoin d’un échange virtuel pour se rassurer quant à leur pouvoir de séduction, mais n’iront jamais jusqu’à la rencontre physique. Enfin, pour les hommes qui n’ont pas de limites, liker des photos sur instagram amorce les prémices d’une future tromperie physique.

Nous pouvons également nous demander si ce n’est pas un moyen détourné de minimiser la tromperie, pour se dédouaner de ne pas vraiment oser passer à l’action et dire « J’ai juste liker des photos »

Il y a plusieurs niveaux avant d’atteindre une infidélité, c’est pourquoi il faut que vous définissiez à deux ce qui est autorisé dans votre couple dès le départ pour éviter de tomber dans la trahison. Pour certains, voir ses ex, un dérapage léger après une soirée alcoolisée,  ou flirter sur les réseaux sociaux ne sont pas des actes de tromperie.

Cependant, ces actions n’excluent pas la possibilité d’un signe de dysfonctionnement de la relation car finalement, si l’on ne ressent pas de manque et que l’on ait comblé par notre relation, pourquoi succomber à la tentation de regarder ailleurs?

Dans quels cas faut-il vraiment s’inquiéter ? 

Comme nous l’évoquerons juste après, plusieurs situations restent anodines. En revanche, d’autres peuvent s’avérer alarmantes. Mais comment faire la différence et avoir conscience du risque réel de voir ta relation être polluée et salie. En voici 3 exemples distincts :

  •  Ton homme passe beaucoup de temps sur Instagram à regarder et liker le profil d’une voisine, collègue ou amie en commun. Le fait que ces femmes soient accessibles peut cacher une attraction envers elles et une volonté de passer à l’acte. S’il passe beaucoup de temps sur ces profils, c’est qu’il y a anguille sous roche. 
  •  Son engouement pour Instagram est récent et inhabituel. Ne faisant pas partie de la génération Y ou Z, ton homme se passionne subitement pour les réseaux sociaux. Son comportement peut cacher une envie d’aller voir ailleurs. Et s’il laisse beaucoup de commentaires parfois équivoques sur des profils précis, cela confirmera ce besoin. 
  • Il tente d’entrer en contact avec la personne via des commentaires. S’il laisse des commentaires sur le profil d’une ou plusieurs femmes, sous-entendant l’envie d’une rencontre physique, il n’y a plus de doute, il souhaite aller plus loin.

Dans quels cas ne faut-il pas s’inquiéter ?

  • Il est abonné à des profils de stars telles que Beyoncé, Rihanna, Megan Fox etc. Toi, tu n’as jamais fantasmé sur Brad Pitt ou sur Idris Elba ? Il n’y a aucun mal à admirer de belles femmes.
  • Il a toujours été accro à Instagram et like énormément de profils et de photos sans distinction de sexe. 
  • Il ne tente pas d’entrer en contact avec les profils suivis. S’il regarde juste, cela peut uniquement être de la curiosité, un passe-temps comme un autre.

Alors est-ce que liker des photos sur Instagram, c’est tromper?

On peut dire que cela dépend des règles de chaque couple. En réalité, il n’existe pas de règles précises dans ce domaine. Pour de nombreux hommes, il n’y a tromperie que s’il y a acte physique, c’est pourquoi ils se sentent libres de fantasmer sur d’autres femmes, voire de les draguer virtuellement. De plus, l’âge moyen de votre couple entre en compte, car si vous êtes de la génération Internet avec de nombreux followers, liker des profils peut être sans gravité car cela fait partie de la banalité du quotidien. On like comme on respire.

Assure-toi d’être sur la même longueur d’onde que ton homme au sujet de la tromperie. C’est important d’en parler afin que aucun d’entre vous ne se sente trahie. Si toi, tu considères cela comme de l’infidélité, dis-lui ! Tu n’as pas tort non plus. Après tout, ne dit-on pas que : “Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.” (La Bible)

“Le mensonge et la tromperie ont une date de péremption et à la fin, tout refait surface. C’est à ce moment que la confiance meurt, pour toujours. “ Robert Lewandowski

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Soyez un couple plus fort que la critique comme les Kardashian-West !

À l’occasion des 3 ans de mariage du couple West, nous nous sommes demandé quels étaient les secrets de ce couple sans cesse attaqué et sujet aux polémiques. Alphonse de Lamartine écrivait déjà à l’époque que “La critique est la puissance des impuissants” et force est de constater que cela n’a guère évolué voire même empiré. Le monde est plein de préjugés et même si nous avons conscience que la critique déstabilise, certaines personnes prennent plaisir à l’encourager et à la cultiver, car elles challengent leur esprit. Voyons ensemble comment rester fort face au jugement négatif des autres.

1. Comprendre pourquoi les haters critiquent.

Lorsqu’une critique est entièrement négative, il est important de chercher à comprendre la motivation de la personne qui l’a partagée. Nous avons tous conscience que l’apparition des réseaux sociaux a encouragé le jugement et facilité la confrontation. Les personnes ne se cachent plus pour dire ce qu’elles pensent, attendent le like à leur commentaire en guise de comité de soutien, cherchent souvent à blesser et s’improvisent parfois sociologues 2.0. Mais essayer de comprendre ces attitudes et réaliser que les mots ne sont rien de plus que des mots c’est s’éloigner de la volonté de blesser et se reconnecter avec la compassion que l’on peut avoir pour l’autre.

Lorsque la sextape de Kim a été publiée, que son agression a été remise en question comme étant un coup monté, que son mari a été hospitalisé en HP, elle a été attaquée de toutes parts, elle est restée forte face à la haine, aux commentaires humiliants, aux parodies. Ce qui est fait est fait et cela ne sert à rien de se torturer avec cela. Les mauvaises personnes n’attendent que ce moment de faiblesse, cette erreur que tu fais pour t’anéantir. Alors, réfléchis et accepte ta vie telle qu’elle est. Si après analyse et remise en question tu as conscience que cette critique n’est absolument pas justifiée – car tout le monde commet des erreurs – et n’a que pour seul but de t’affaiblir et de te faire de la peine, alors tu sauras que ton détracteur est certainement jaloux, envieux, ou mal dans sa peau. Un complexe d’infériorité motive l’autre à se rassurer et pour cela il y a deux solutions:

  • améliorer sa vie, se battre et devenir ce que l’on a envie d’être
  • ne faire aucun effort pour améliorer sa condition et sans cesse pointer du doigt et médire ceux qui sont déjà plus loin que soi

Les problèmes des haters ne doivent pas devenir tes problèmes. Si une personne t’en veut, prend de la distance, ne te sent pas attaquer personnellement, car ce n’est pas ce que tu es qui pose problème, mais ce que tu accomplis. Quoi que tu fasses, les gens trouveront toujours une chose à dire.

2. Ne pas entrer dans le clash

“Je suis trop occupé à écrire l’Histoire pour la lire.” – Kanye West

Les gens négatifs sont une perte de temps pour tout le monde. Avoir confiance en soi implique l’acceptation des choses que tu ne peux pas changer. Et l’acceptation passe parfois par l’ignorance. Ignorer ses détracteurs c’est se préserver d’une polémique inutile, mais aussi laisser le doute sur la réalité. Comme nous l’évoquions précédemment, la popularité de Kim l’expose à toutes sortes de critiques. Si elle devait répondre à chaque attaque, elle passerait son temps à alimenter des débats stériles. Au contraire, elle reste au-dessus de ça. Snoop Dogg l’a insulté de S*lope, elle n’a jamais répondu. Amber Rose s’est moqué d’elle par rapport à son passé et sa sextape, elle l’a également ignorée.

En faisant le choix de ne pas répondre aux attaques ou de prendre le temps nécessaire, de se recentrer sur soi, de se reconstruire pour avoir un échange constructif est plus sain. Réagir à chaud n’a jamais été bon. Et en termes d’image cela peut réellement porter préjudice. Laisse donc tes émotions immédiates se refroidir pour pouvoir analyser la situation et agir de façon plus rationnelle. Arme-toi de patience et fais preuve d’indifférence.

3. Prendre du recul

Lorsque tu es attaquée à un moment grave de ta vie, se recentrer sur l’essentiel est la base de ta future reconstruction. Kim a fait le choix de s’éloigner des réseaux et médias pendant plusieurs mois après son agression. Se rapprocher de sa famille, se sentir à nouveau sécurisée était la priorité. Peu importe ce que pouvaient dire ou penser ses followers. Son mari a interrompu son concert afin d’être auprès d’elle au plus vite, lui sait la relation qu’il entretient avec sa femme et pourquoi il l’a choisie. Et à ce moment précis la seule chose qui comptait pour eux était d’être réunis, car s’entourer de personnes qui nous aiment, qui pensent positivement nous aide à affronter le pire et à le surmonter.

4. Se servir de la critique comme d’une force

“Quand il y a beaucoup de haineux et de choses négatives, je ne m’en soucie pas vraiment.” -Kim Kardashian

Cela est dur à encaisser et s’y habituer semble être impossible lorsque l’opinion des autres prend une place prépondérante dans notre vie. Savoir classifier et distinguer les personnes dont l’avis doit nous impacter est sans doute la première étape. La seconde étape étant l’acceptation. Se dire que la critique est inévitable c’est se projeter au niveau de pensée de celui qui nous juge et réaliser que nous aussi à un moment de notre vie nous avons sans doute critiqué. Nous devons alors accepter d’être parfois l’objet de la critique.

C’est dur parce qu’il semble qu’aujourd’hui, les gens ne peuvent pas être heureux pour les autres. Ils peuvent se cacher derrière leur ordinateur et dire ce qu’ils veulent. Toujours prêts à assombrir le bonheur des autres.Tu dois toujours être positive et vraiment les ignorer. Ne change jamais qui tu es. Il faut être heureux pour les autres, et pour toi-même quand tu accomplis quelque chose dont tu es fière. – Kim Kardashian

Dans ta vie tu rencontreras des personnes qui te feront du mal de façon intentionnelle ou non. Quelle que soit la raison, tu dois prendre du recul. Tu sais qui tu es, quels sont tes projets et peu importe d’où tu viens et ce que l’on pense de toi ce qui importe est où tu vas, ce que tu accomplis et accompliras encore. Kim et Kanye sont sans cesse la source de moqueries, si ce n’est pas le rare sourire de Kanye qui est dénoncé, c’est leur façon de s’habiller, leurs choix personnels, on les suspecte aussi d’appartenir aux illuminatis. Tant de rumeurs qui alimentent le quotidien de ceux qui ne se consacrent pas à leur propre vie. Prendre le temps de t’occuper de la vie des autres c’est perdre du temps dans ton propre accomplissement.

La critique est souvent le seul moyen de déchainer sa jalousie et son mal-être. Le but: récupérer de l’estime, en rabaissant celle d’une tierce personne. Garde toujours en tête que si quelqu’un te critique de cette façon, c’est que tu fais forcément quelque chose de bien. Si tu fais face à la jalousie, c’est que tes choix, tes sacrifices, ton quotidien donnent envie. Reste dans ta lancée sans t’affaiblir. Priorise ton couple, ta famille, nourris-toi de l’amour sincère de ceux qui te connaissent vraiment.

“J’aime quand les gens me sous-estiment et ensuite, deviennent agréablement surpris.”- Kim Kardashian

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Témoignage : Je suis musulmane, j’étais vierge et j’ai été violé

Plusieurs femmes décident de rester vierges jusqu’au mariage. Et c’est le cas de cette jeune femme qui nous a envoyé son témoignage : l’histoire de son viol. Et ça nous a tellement touché que l’on s’est dit que oui, c’est important qu’on le publie !

“Pourriez-vous le poster en anonyme s’il vous plait ? Je veux partager avec vous une épreuve difficile, la pire épreuve de toute ma vie, et dont je n’arrive pas à me remettre.”

1. Notre rencontre

Je suis une jeune fille de 20 ans, je suis musulmane et j’ai décidé de me voiler depuis que j’ai 18 ans. Ce voile est un choix que j’ai fait toute seule et j’en suis très fière. Je suis étudiante en web marketing, et je reprend ma deuxième année.

D’origine algérienne, je fais partie d’une grande famille, j’ai 1 grand frère et 2 petites sœurs. Mes parents sont encore ensemble, et il y a encore un an, nous étions une famille heureuse et soudée. Dès que quelqu’un était triste ou manquait de quoi que ce soit, tout le monde y mettait du sien. Mon grand frère n’a jamais été de ceux qui font peur, ou qui jouent les « bad boys » pour rien. Il était vraiment responsable et très présent pour aider ses parents et ses sœurs.

J’étais une bonne vivante, déterminée, dynamique, je croquais la vie à pleine dent, et je voulais prouver au monde entier à quel point j’étais capable du meilleur, dans une société qui ne vous accepte pas toujours pour ce que vous êtes.

J’avais rencontré un garçon, Mehdi, quelques mois après avoir porté le voile ; il m’a tout de suite plu. Je le trouvais intelligent, beau, très drôle, très à l’écoute, de bons conseils. Et je lui plaisais beaucoup. Je n’ai jamais eu de réelles expériences avec les garçons ; ça ne m’intéressait pas. Mais avec lui c’était différent. Il était très présent pour moi dans beaucoup de moments difficiles. Donc j’avais une grande confiance en lui. Je me projetais beaucoup avec lui, et du coup j’en avais parlé à ma mère. Elle m’a conseillé sagement et me faisait entièrement confiance. Jusque là j’étais extrêmement bien entourée.

2. Une demande particulière

Après environ 8 mois de relation, un soir au téléphone, Mehdi me demande quelque chose d’assez particulier. Tout d’abord de lui envoyer une photo de moi sans mon voile. J’ai trouvé ça assez surprenant, alors mon premier réflexe a été de rigoler, pensant qu’il s’agissait d’une blague ou d’un test pour voir ce que j’allais répondre. Mais en fait pas du tout, il était très sérieux ! Et malheureusement, il a réussi à m’en persuader. Il m’a clairement fait comprendre qu’il comptait me demander en mariage, et qu’il aimerait beaucoup me voir sans mon voile pour savoir avant ce qui l’attendait : « Tu peux bien faire ça pour moi, je ne vais jamais te faire de mal. Si je te demande une chose pareille, c’est vraiment parce que je veux concrétiser. On arrive à 1 an de relation, j’ai bientôt une situation stable » (il sortait d’une école de communication, et son entreprise lui avait proposé un poste). Alors j’ai cédé et je lui ai envoyé une photo de mes cheveux, long, très bruns et bouclé. Il en est tombé raide dingue, et j’étais heureuse de le voir heureux.

3. L’horreur

Nous nous sommes vus la semaine qui a suivi pour son anniversaire. On a passé une soirée géniale. On a rigolé toute la soirée, on a super bien mangé, on s’est promené. Et ma mère savait que j’étais avec Mehdi, du coup j’étais tranquille. Il me fallait juste entrer avant 23h maximum, ce qui était très raisonnable, et je ne comptais pas déroger à la règle.

Vers 22h30 je demande à Mehdi s’il est possible de s’avancer vers la voiture, j’habitais à 10 minutes en voiture, du coup j’étais dans les temps. Il n’y avait plus de transports, et à pied j’en avais pour 20 à 25 minutes en marchant vite. Il me répond que oui pas de soucis, donc on se dirige vers la voiture. On entre, il prend le volant, et se met à conduire. Je me rends compte au bout de 5 minutes qu’il ne prend pas le chemin habituel :

« Moi : Mehdi tu t’es trompé, je crois, c’était l’autre route.
Mehdi : Non t’inquiètes pas, j’en ai pour 5 minutes faut que je te montre un truc
Moi : D’accord, mais fais vite, je ne veux vraiment pas avoir de problèmes
Mehdi : Mais non me fatigues pas! Je te dis que ça va prendre 5 minutes ! »

Je ne m’attendais pas à l’agacer, mais ça ne m’a pas plus choqué que ça, et affreusement, j’étais même curieuse de savoir ce qu’il voulait me montrer. On est arrivé dans une sorte de forêt très sombre, on ne voyait rien et il faisait très froid et humide, c’était très désagréable.

Il me regarde, et m’embrasse brusquement. La manière dont il m’a pris la nuque me faisait mal, alors je l’ai poussé. Je lui ai demandé ce qu’il lui arrivait, il m’a répondu « J’ai envie de toi. » Je l’ai regardé très confuse ne comprenant pas du tout ce qui se passait.

Il faut savoir que nous n’avions jamais parlé de sexe lui et moi, nous étions encore très pudiques là dessus, surtout moi. J’ai une vision tellement sacrée de ma virginité. Je n’ai jamais jugé les femmes qui ne l’étaient plus, c’est vraiment leur choix et je le respecte complètement. Mais le mien était de rester vierge jusqu’au mariage.

Je n’ai même pas eu le temps de lui répondre, qu’il m’arrachât mon voile et souleva ma jupe. J’ai senti ses doigts, et sa main en dessous de mon tee-shirt en train de me toucher les seins. Je n’arrivais même pas à hurler, je n’arrivais plus à bouger, j’étais paralysée par la douleur ressentie lorsqu’il est entré en moi. J’ai senti mon corps se déchirer. Après ça, il a repris le volant, comme si de rien n’était. Moi, je ne parlais pas. J’étais muette pendant tout le trajet. Il me déposa devant immeuble. Mes jambes tremblaient tellement que je ne tenais même pas debout.

4. Ma descente aux enfers

Seda Makhagieva

En rentrant chez moi, je n’arrivais même pas à pleurer, je me suis directement dirigée vers la salle de bain, et je me suis lavé jusqu’à m’en irriter la peau. Je suis allée dans ma chambre et j’y suis restée enfermée. J’étais traumatisée. J’ai fait preuve de mutisme, et n’ai pas parlé pendant près d’un mois, ni à ma famille, ni à mes amis, ni à mes professeurs (mais de toute manière je n’allais plus en cours). Je ne mangeais plus, je n’allais plus à l’école, mon frère hurlait d’incompréhension lui qui avait un tempérament calme. Ma mère pleurait ne sachant pas ce qu’il se passait, et mon père me pensait folle. Il n’y a que ma toute petite sœur qui restait assise à côté de moi, et qui me suivait dans ma chambre sans jamais rien me demander tout en me racontant sa vie. Je ne sais pas si elle sentait qu’il y avait un problème grave, mais en tout cas sa présence m’a permis de rester en vie aujourd’hui. Si elle n’avait pas été là, nombreuses ont été les fois où j’aurais pu mettre fin à mes jours.

5. Je me sentais coupable

Vous savez, ce qui est le plus dur dans un viol, c’est cette violence qui apparaît quand on décide de vous priver de votre liberté, de vos envies, de votre humanité, et pour ma part de ma virginité. Le viol existe aussi bien chez les femmes vierges que chez celle qui ne le sont pas, il existe aussi bien chez les femmes en couple que célibataires, il existe aussi bien chez les croyantes que les non-croyantes. Et aucun n’est pire que l’autre.

Moi je ne parle qu’en mon nom et ma situation, en espérant peut-être en parler au nom de celles qui ne peuvent pas en parler, et qui pourraient se retrouver dans mon témoignage. Dans ma culture, une femme qui perd sa virginité est vue comme une trainée et ce peu importe la raison ! On ne cherche pas à en savoir plus : “Tu l’as surement cherché !” Alors, non seulement je n’avais pas le courage de le dire aux membres de ma famille parce que je ne savais pas qu’elle allait être leur réaction, mais aussi je n’étais pas prête à me retrouver seule, jugée, lynchée, même si évidemment la victime c’était moi. Je n’arrivais plus à regarder mes parents dans les yeux et leur dire que leur petite fille a été “salie”.

J’en suis venue à m’estimer coupable, je m’étais persuadée que si je ne lui avais pas envoyé cette photo sans mon voile, peut-être n’aurait-il jamais fait ça ? Peut-être n’aurait-il jamais envisagé de me voler ce que j’avais de plus précieux ? Suis-je fautive ? Bien sûr que non ! Mais croyez-moi c’est plus facile à dire qu’à croire ! Oui, quand on se fait violer, on se sent fautive ! Pourquoi ? Je ne sais pas. Je vous dit juste ce que j’ai ressenti et ce que des millions de femmes ressentent. À qui pouvais-je faire confiance maintenant ? Comment vais-je me reconstruire maintenant que mon corps est comme mutilé ?

6. C’est encore dur à vivre aujourd’hui

Mariam Effendi

Aujourd’hui, je n’en ai toujours pas parlé à ma famille, je n’en ai toujours pas le courage.

J’ai beaucoup prié et j’ai pris le temps de comprendre et d’assimiler que je ne suis pas responsable. Je sais que Dieu est juste et que ma religion est bonne et douce, alors je me consacre à elle en essayant de me reprendre en main. J’ai recommencé mon année d’études, j’écris de temps à autre, et je prends du temps pour sortir avec mes amies que j’avais délaissées.
J’ai dit à ma mère que Mehdi m’avait trompée et que c’était pour ça que j’étais triste, que c’était fini avec lui. Mais je pense qu’elle se doute qu’il y a autre chose. En tout cas, elle n’a pas insisté et je remercie Dieu chaque jour de m’avoir donné une mère si aimante et compréhensive. Quant à mon père, mon frère et mes soeurs, ma mère s’en est chargé. Elle leur a expliqué qu’ils n’avaient pas à savoir et que ça ne concernait plus qu’elle et moi. De ce côté-là je suis tranquille. J’ai tout de même le droit à des remarques de la part de mon frère très protecteur qui me répète inlassablement : “Fais attention à toi et tu me dis s’il y a quelque chose”.

Je sais que je vais devoir en parler à quelqu’un un jour, peut-être un spécialiste ou autre, mais pour l’instant je n’y arrive pas. Vous en parler me fait du bien. Je me fais confiance, je fais confiance à ma destinée, je fais confiance à mon courage et à l’amour que l’on me porte : tout ça va m’aider à avancer et surmonter cette horreur.

 

À toutes les femmes qui ont subi cette infamie, vous n’êtes responsables de rien ! Vous n’avez rien cherché ! Ils sont les seuls responsables de cette horreur ! Continuez à vous habiller comme vous voulez, à parler comme vous voulez, et à être ce que vous êtes réellement. Ne leur donnez pas raison. Ne vivez pas dans la peur.

Si cela vous arrive, ayez le réflexe de ne SURTOUT PAS vous laver et contactez la Police au 17 ou SOS Viols Femmes au 08 00 05 95 95. N’ayez aucune peur ou hésitation à porter plainte, car ces hommes qui brisent vos vies doivent répondre de leurs actes devant la justice.


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