Du désert au podium : 6 points admiratifs à savoir sur Waris Dirie

Waris Dirie… un nom peu connu qui désigne pourtant une femme au parcours admiratif. Son nom signifie Fleur du désert. Le désert de Somalie, elle y a vécu, mais elle s’est éclos en une belle Fleur, réclamé par les plus grands photographes de mode.

Pourtant, le jour qui a changé sa vie, n’est pas son premier shooting photo mais le jour où une femme l’a excisé. Ce geste qui est aujourd’hui reconnu comme un crime, elle le combat. Lumière sur cette #FemmedInfluence… Du désert au podium.

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1. Femme du désert

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Waris Dirie est née en 1965 à Galkayo en Somalie. Elle confia n’avoir jamais su sa réelle date de naissance, son calendrier étant les saisons et le soleil lors de son enfance. Elle grandit auprès de sa famille, appartenant à une tribu de berger, dans le désert somalien. C’est vers l’âge de 13 ans qu’elle quitta son petit désert pour la capital afin de fuir un mariage forcé. Sa force et sa détermination la poussa à courir et marcher seule dans le désert pendant plusieurs jours, sans nourriture et sans eau en direction de la capitale.

Je ne savais pas quelle direction me mènerai à Mogadishu. Je courais simplement. Doucement d’abord, parce que je ne voyais rien. Mais dès que j’apercevais la lumière du soleil, je ressemblais à une gazelle. Lors d’une de mes siestes, un son grondant me réveilla. En ouvrant mes yeux, j’étais nez à nez avec un Lion. J’ai essayé de me lever mais je n’avais pas mangé depuis des jours et mes jambes étaient faibles. Je n’avais pas peur, j’étais prête à mourir. “Viens et prends moi ! Je suis prête” j’ai crié au Lion. Ce gros chat me fixa, se lécha les babines. Il pouvait se jeter sur moi à n’importe quel moment. Au lieu de cela, il se retourna et fit marche arrière. Sans doute n’étais-je pas assez en chair pour être mangé. Quand j’ai réalisé qu’il n’allait pas me tuer, j’ai su que Dieu avait quelque chose d’autre de prévu, une raison spéciale de me garder en vie. Alors que je luttais sur mes genoux, j’ai demandé : “Dirige moi”

Elle rejoignit sa tante à Mogadishu et, quelques années plus tard s’envola pour Londres. Elle devint alors domestique pour l’ambassadeur somalien jusqu’à l’âge adulte. C’est dans ses moments de douleur qu’elle rencontra Mike Goss, le photographe qui allait changer sa vie.

 

2. Du village au podium

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Lorsque l’ambassadeur décida de rentrer en Somalie, Waris Dirie se retrouva seule en Angleterre. Elle commença à travailler en tant qu’employé chez McDonald’s avant de prendre son courage à deux mains et devenir le modèle du photographe Mike Goss.

Je suis allé inspecter le studio de Mike Goss. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendrait mais lorsque j’ai poussé sa porte, je suis entré dans un autre monde. J’ai su alors que c’était ça, c’était mon opportunité. Mike m’a confessé qu’à partir du moment où il m’a vu, il a voulu me prendre en photo. Après avoir été maquillé, je me suis regardé dans la glace. Mon visage était transformé, illuminé. Ils m’ont transformé ! A la place de “Waris la domestique” j’étais “Waris la top modèle”.

Son agent lui disait que rare était les filles qui devenait célèbre par ce chemin-là. Pourtant, elle travailla par la suite avec le photographe Terence Donovan et commença une carrière internationale de top modèle. De Paris à New York, son nom et son visage devint reconnu partout.

 

3.  Activiste contre l’excision

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Waris fut excisée autour de l’âge de 4 ans. Un souvenir douloureux et traumatisant pour cette ancienne mannequin.

Ma mère et moi avions marché au fin fond du village. “Nous attendrons ici” me disait ma mère et nous nous sommes assis sur la terre froide. La lumière du jour arrivait et j’entendis le bruit des sandales de la Bohémienne. Avant même que je ne m’en rende compte, elle était à côté de moi. Il n’y avait pas de conversation. C’était purement professionnelle. Ma mère me positionna sur la pierre. Elle s’était assis derrière moi, repoussant ma tête contre sa poitrine, ses jambes à califourchon sur les miennes. Elle mit une branche d’arbre entre mes dents et me dit “mors le”. Elle me répétait “essaye d’être une gentille fille, sois courageuse pour maman.”. Moi je me répétait de ne pas bouger car le moins je bougeais le plus rapide la torture serait. Malheureusement mes jambes tremblaient de manière incontrôlé et je hurlais et priais que tout ceci soit rapidement terminé.

C’est à l’âge adulte qu’elle se fera opérer afin de réparer ce qui lui a été retiré. Cet épisode personnelle fera d’elle une activiste engagée. Elle arrêta sa carrière de mannequin afin de se consacré entièrement à sa fondation contre les mutilations génitales féminines. Ceci était pour elle une guerre féminine qu’il fallait combattre car être une femme ne rime pas avec être impur.

 

4.  Ambassadrice bonne volonté de l’ONU

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Waris Dirie fut ambassadrice de bonne volonté de l’ONU. Sa fortune et sa bonne condition de vie n’effaça pas les souvenirs de son enfance, son village, sa mère et ses sœurs. Sa volonté était de guérir et prévenir. Elle sentit que sa mission était de témoigner afin d’être un soutien pour les jeunes filles excisées mais également pour stopper cette pratique, encore d’actualité dans 28 pays d’Afrique.

« Depuis plus de 3000 ans, nos familles croient sincèrement qu’une fille qui n’est pas excisée n’est pas propre, puisque ce que nous avons entre les jambes est sale. Alors il faut tout retirer. Et refermer après, comme preuve de virginité et de vertu. Durant la nuit de noce, le mari prend une lame ou un couteau et ouvre son épouse avant de s’y introduire de force. Une fille qui n’est pas excisée ne peut pas se marier. En conséquence, elle est bannie de son village et mise au rang d’une prostituée. Cette pratique a toujours cours alors qu’elle n’est pas inscrite dans le Coran. Il est reconnu que les femmes ayant subi ces mutilations sont affaiblies à vie aussi bien physiquement que moralement. J’y ai survécu mais pas mes deux soeurs. De quelle force supplémentaire serait doté le continent si ce rituel absurde était aboli ? Ce qui arrive au dernier d’entre nous a un effet sur nous tous. Quand j’étais petite fille, je disais que je ne voulais pas devenir une femme. Pourquoi si c’est pour être si malheureuse ? Pour connaître tant de souffrance ? Mais maintenant que je suis adulte, je suis fière d’être ce que je suis. Alors pour notre salut à tous, essayons de changer ce que signifie être une femme. »

 

5.  Sa vie adaptée au cinéma avec Fleur du désert

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Waris Dirie a été l’une des femmes les plus influentes des années 90. Son parcours et son combat furent salués dans les 4 coins du monde. C’est pour cette raison que Sherry Hormann, réalisatrice américaine, décida d’adapter au cinéma l’autobiographie de Waris. Ce long-métrage sorti au cinéma en 2009 avec, dans le rôle principale, Liya Kebede, mannequin et actrice éthiopienne. Un film émouvant qui retrace fidèlement la vie de notre activiste.

6. Son secours à la petite Safa Idriss Nour face à l’excision

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Safa Idriss Nour est celle qui interprêta Waris Dirie dans le film Fleur du désert. Cette belle petite fille fut choisit pour sa ressemblance avec la top-modèle lorsque celle-ci était enfant. Mais sa participation fut sous condition. Une condition réclamée par Waris Dirie elle-même. Safa Idriss Nour reçu donc ce qu’aucune petite fille de Djibouti reçu auparavant : un contrat signé par ses parents stipulant qu’il n’infligerait jamais à leur fille aucune mutilation génitale. Cependant, les parents de Nour revint sur leur paroles, ce qui amena la Top-modèle à voyager d’elle-même à Djibouti afin de secourir la petite fille.

Aujourd’hui, la photo de Nour fait le tour du monde dans les réseaux sociaux. Son expérience fut retranscrit dans un livre nommé “Safa: The Rescue of the Little Desert Flower” – Safa, le sauvetage de la petite Fleur du Désert.

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Elle fait de son souvenir, son combat de chaque jour. La peur intérieure qu’elle éprouve de défier une coutume ancestrale lui permet de ne pas lâcher prise et de croire en sa conviction. Elle ne se bat pas uniquement contre l’excision mais également contre l’image erronée que beaucoup se font de la Femme. La Femme n’est pas seulement mère et épouse. Sa vie ne rime pas avec souffrance. La Femme est avant tout libre. 

« Je prie qu’un jour aucune femme n’expérimente cette souffrance et que ce sera du passé. Je sais que mon appel au combat est dangereux, j’avoue avoir peur. Mais je prends quand même le risque. C’est ce que j’ai fait toute ma vie. »— Waris Dirie

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