Serena Williams : Comment j’ai appris à aimer mon corps et mes muscles

Depuis aussi longtemps qu’on puisse s’en souvenir, et encore aujourd’hui, les femmes ont TOUJOURS été sujettes à une pression sociale concernant leur corps. En Europe, au 17ème siècle, les peintres baroques notamment, représentaient des femmes plantureuses. Elles étaient considérées comme sublimes. Au début des années 2000, le concept de « taille zéro » issu du mannequinat a été très médiatisé, poussant de jeunes femmes à tout faire pour coller à ce modèle. Tout cela avant que Jenifer Lopez puis les Kardashian par exemple ne remettent au goût du jour les formes généreuses, mais toujours avec un ventre plat. Avant que ce type de silhouette ne devienne à la mode, nombreuses sont celles qui ont fait un long travail de développement personnel pour aimer et assumer ce corps. C’est le cas de l’immense championne de tennis Serena Williams. Tu l’as vue participer au projet musical de Beyoncé « Lemonade », tu l’as vue dans des spots publicitaires, sur des couvertures de magazine et même régulièrement sur les réseaux sociaux. Mais avant cela, pour elle aussi le chemin vers l’acceptation de soi a été long et épineux, surtout en tant que personnalité publique exposée médiatiquement depuis son plus jeune âge.

Aujourd’hui, Serena Williams est radieuse et forte. Voici comment elle est passée de jeune femme complexée à une puissante icône internationale.

La première fois que Serena Williams entre sur un court de tennis, elle a 3 ans. Elle devient rapidement la n°1 mondiale des moins de 10 ans, mais les choses sérieuses commencent lorsqu’elle a 14 ans. C’est l’âge auquel elle devient joueuse professionnelle de tennis. À cette époque, une autre Williams évolue déjà sur le circuit professionnel féminin (WTA), c’est Vénus, sa grande sœur. Pour Serena, son corps musclé devient problématique et elle commence à se comparer à sa grande sœur Vénus et aux autres joueuses du circuit.

« Durant mon enfance, ce n’était pas facile. Vénus ressemblait à un top-modèle. J’étais plus imposante. »

« Quand j’étais plus jeune, c’était difficile de voir toutes ces athlètes minces alors que j’étais plus musclée et en formes. J’avais une grosse poitrine. »

Cette période de doute et de remise en question est très difficile pour elle. À tout cela, s’ajoute le fait qu’elle soit noire, ce qui est peu commun dans le sport dans lequel elle évolue. Mais une des forces de Serena, c’est de prendre conscience que son corps va lui permettre d’atteindre ses objectifs et devenir la 2ème plus grande joueuse professionnelle de tennis de tous les temps après l’allemande Steffi Graf.

« Oui, il fut un temps où je ne me sentais pas très à l’aise avec mon corps parce que je me sentais trop puissante. Puis, j’ai pris le temps de me poser et me dire : « Mais, qui dit que je suis trop puissante ? Ce corps m’a permis d’être la meilleure joueuse que je puisse être et je ne vais pas remettre cela en question. »

Ce fut une des étapes-clés qui vont lui donner les moyens de s’affranchir du regard des autres, de prendre confiance en elle. Comme tu le sais sans doute, certains journalistes et parfois les spectateurs sont très durs dans leur jugement envers elle. Entre autres, elle a été décriée pour certaines de ses tenues, pour ses coiffures, ses cris pendant les matchs, de taper la balle trop fort, de jouer trop bien, de n’être qu’une joueuse puissante mais pas tactique,… Les exemples et commentaires ne manquent pas. Si cela a pu te choquer, imagine la force mentale et spirituelle qui lui a fallu pour dépasser tout ça.  

« Comme je l’ai dit, ils ont le droit d’avoir leur opinion, d’aimer ce qu’ils ont envie d’aimer, qui ils ont envie d’aimer et comment. C’est leur choix mais en aucun cas je ne peux laisser cela m’influencer ou me diminuer. »

Pour ne pas être polluée par les commentaires négatifs de ses détracteurs, Serena a décidé de ne plus lire ce qui se disait sur elle justement.

« Assez jeune, quand j’avais 17 ans je crois, j’ai arrêté de lire les articles qui parlaient de moi. (…) Je ne voulais pas être au courant des commentaires négatifs qu’on faisait à mon sujet, sur mon corps, à quoi je ressemblais. »

« Je me suis mise dans une bulle dans laquelle je ne me faisais pas de mal, où je me protégeais. »

Plus tard dans sa carrière, la championne de tennis va être confrontée à plusieurs soucis de santé : une blessure très sérieuse au pied qui l’a contrainte à envisager de mettre un terme à sa carrière. Ce fut une source d’inquiétude et de peine extrême pour elle. C’est la détermination et le travail qui lui ont permis d’aller au-delà de cette épreuve.

« On s’inquiète. On y pense à chaque seconde. C’est comme une peine de coeur – les premiers mois, ça a été très douloureux et avec le temps, cette douleur disparaît. »

« Mais chaque jour, je devenais un peu plus forte. Chaque jour je travaillais dur et finalement je n’y pensais même plus. »

 

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Durant cette même période, Serena a également été confrontée de près à la mort après qu’une complication au niveau des poumons lui soit diagnostiquée. Heureusement, elle a pu mettre cet épisode derrière elle. Elle considère même qu’il fut bénéfique au final car elle a pu prendre du recul sur les choses.

« Cela m’a donné une nouvelle perspective sur ma vie. J’ai pris conscience qu’il y a beaucoup de choses qui sont tellement importantes. Je ne sais pas si j’avais besoin de ça, mais j’ai le sentiment que c’est peut-être le cas. Et grâce à cette épreuve, je suis en mesure de construire une meilleure carrière et d’apprécier mes victoires davantage. »

Parfois, la vie te ramène à l’essentiel en te faisant vivre des épreuves qui mettent en avant des choses plus importantes que l’apparence physique.  Tu peux être la femme la plus belle du monde, si tu n’as pas la santé, l’amour ou la famille, tu n’as rien. Cette grande leçon qu’a apprise Serena, elle s’en sert comme d’une force pour inspirer d’autres femmes, qui comme elle a pu l’être, sont complexées.

Serena a appris à se connaître aussi : elle sait qu’elle est noire, qu’elle a confiance en elle, qu’elle a un corps différent et que tout cela n’est pas bien perçu dans la société dans laquelle nous vivons. Si elle avait écouté tous ceux qui voulaient la voir plier, elle ne serait pas devenue l’immense championne qu’elle est aujourd’hui. Elle a résisté et en parle avec sérénité. Ainsi, d’autres femmes prendront conscience de leur valeur et cela les encouragera à s’aimer à leur tour. Une forme de solidarité féminine, de chaîne pour lutter contre la pression des diktats de la beauté dans le monde.

Cette confiance, cette puissance, elle la transmet chaque jour, à chaque post Instagram, chaque victoire, chaque sourire. La voir ainsi rayonner agit comme autant d’actions concrètes. C’est pourquoi elle s’exprime très régulièrement à ce sujet si important pour elle.

« J’aime mon corps et je ne le changerai pour rien au monde. »

« J’aime être différente. Je n’aime pas rentrer dans le moule. »

Pour Serena, tous les goûts sont dans la nature. À ce titre, elle refuse qu’on lui impose des codes de beauté dont elle s’est affranchie depuis plusieurs années. Elle ne tolèrera jamais qu’on veuille lui faire revivre ces années de souffrance lorsqu’elle était complexée. Pour elle, ça nuit aussi à son action en tant qu’icône, modèle.  

« Je ne demande pas à ce qu’on aime mon corps. Je demande juste qu’on me laisse être qui je suis. Parce que je vais influencer une fille qui me ressemble et je veux qu’elle se sente bien avec son image. »

 

Comme l’histoire de Serena nous l’enseigne, prendre les canons de beauté définis par la société ou l’environnement dans lequel on évolue comme boussole ou repère peut être une source de souffrance. Le seul repère que tu dois avoir, c’est le tien. Nous sommes toutes différentes, avec nos qualités et nos défauts. Certes on peut se fixer des #BodyGoals mais ils ne devraient pas être définis par rapport à une autre personne ou une mode. Instagram et les réseaux sociaux en général nous inculquent exactement le contraire malheureusement.

De nombreux exemples de personnes qui s’aiment « comme elles sont » existent et sont la preuve qu’il y a bel et bien une vie après les complexes.

C’est valable à tous les niveaux : se maquiller ou pas par exemple. Dans une récente interview, Alicia Keys expliquait justement qu’elle est libre. Bien qu’elle soit devenue une icône du no make up, elle considère que rien n’exclut qu’elle se maquille un jour, une semaine, un mois. Elle est libre et assume pleinement qui elle est et à quoi elle ressemble. 

Alors AIME-TOI, telle que tu es !

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Tamara Argentin
Rédactrice pour la rubrique “Icônes ». Journaliste rédactrice et Community Manager, l’écriture est ma passion. J’espère qu’à travers mes mots je saurai vous inspirer et vous permettre de vous élever.

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