Lettre d’une mère au père de sa fille emprisonné : « Ils t’ont réduit à un numéro, mais tu seras toujours son PAPA »

Une maman se livre dans une lettre ouverte adressée au père de sa fille qui purge sa peine en prison. Suite à sa condamnation, cette mère a dû réconforter sa fille et son conjoint simultanément, ce qui n’a pas été une tâche facile. Elle dévoile alors cette lettre dans le magazine BMWK et exprime ses sentiments et surtout la vraie valeur d’un papa dans la vie de sa fille.

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Cher T.

Ceci est sans aucun doute l’une des lettres les plus difficiles que je n’ai jamais écrite. Voici donc la lettre ouverte que je souhaite t’adresser aujourd’hui. J’ai tellement hâte de voir tes yeux se remplir de larmes lorsque tu recevras les cadeaux que notre fille a confectionné pour toi ; elle a tellement grandi !

Je me souviens très bien du jour où elle est née : Jeudi, 27 Janvier 2011. C’était la première et la seule fois où je me souviens avoir vu la vie à travers tes lunettes. Ce même jour, je me suis allongée dans le lit d’hôpital, complétement épuisée par la césarienne d’urgence qui a accueilli notre petite fille dans ce monde, puis je vous ai observé. Affaiblie par l’anesthésie, un travail d’accouchement très long et une grossesse compliquée, j’ai pu rassembler juste assez d’énergie pour réaliser que la douleur que je ressentais n’avait rien à voir avec l’accouchement.

J’étais momentanément envieuse de notre fille ; pas de sa beauté, de sa jeunesse ou de la cuillère d’argent que nous avons placé dans sa bouche ; J’enviais la façon dont tu la regardais avec autant de dévotion et d’honneur. Indéniablement, il y avait de l’amour dans tes yeux sauf que je ne l’avais jamais vu auparavant. Au fil des années, j’observais avec admiration et fierté comment ce minuscule petit-être serrant tes doigts te poussait à te mettre à genoux sans le moindre effort . Elle était plus puissante que je ne l’ai jamais été. Je ne veux plus de ton attention et de ton affection. Surtout, je n’implorerai plus ton amour car je veux que tu réserves tout cet amour à notre fille.

Comme beaucoup d’autres familles, le châtiment d’une peine d’emprisonnement nous déchire  ; et nous ne sommes pas une exception. Refusant de te reconnaître par ton nom de naissance, ils t’ont réduit à un simple numéro. Enchaîné aux chevilles et aux poignets, cette condamnation a alors déshumanisé ton identité et emprisonné ton corps. Incapable de te libérer ou de changer l’issue de cette situation pour notre enfant, la seule chose que je pouvais contrôler était la perception et l’appréciation de qui tu étais, en dépit de ton incarcération.

Malheureusement, comme je l’écris, je tente d’accepter que la fête des Pères se déroulera avec un verre partagé à deux. Elle n’aura pas droit à un câlin de son papa, de courir dans tes bras, de partager un repas ou ses pensées avec toi sur cette journée spéciale. Ca ne sera pas possible. Son cœur sera rempli d’espoir ce qui te rendra triste. Alors comment puis-je faire pour vous réconforter tous les deux ? Ceci est notre nouvelle réalité !

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Il nous manque notre « carburant »

J’aurais voulu m’être rendue compte de l’importance de ta présence avant que tu t’en ailles. Ce que je veux dire, c’est que je souhaite avoir saisi à quel point tes puissantes louanges en dehors des répétitions de ballet ou des cours de gymnastique encourageaient énormément notre fille dans sa passion et dans sa performance. Aujourd’hui, je n’ai pas assez de capacité dans ma voix ou même la possibilité de la câliner de la même façon. C’est toujours du business, toujours une question d’excellence. Tu étais l’équilibre, lui rappelant qu’elle doit juste s’amuser et que peu importe la situation, nous serions toujours fiers d’elle.

J’aurais voulu réaliser plus tôt qu’elle avait besoin d’être soutenue après une longue journée. Elle aurait souhaité que tu lui répètes souvent à quel point, elle était une princesse. Au lieu de cela, je la faisais marcher fermement à mes côtés. Alors elle se tenait débout avec ardeur et fierté. Je refuse de la laisser être impuissante et craintive. Ton naturel trop protecteur l’a faite se sentir en sécurité. On lui a donné l’espace pour être vulnérable et ressentir qu’elle avait en permanence besoin de toi. Je dois admettre qu’en dépit de notre séparation, je me sentais en sécurité par habitude. Comme si l’amour que tu avais pour notre fille t’avait rendu plus soucieux de mon bien-être.

Au début, j’étais convaincue que tu essayais de contrôler ma vie. Sans te rendre compte que quelque part, tu ne pouvais pas veiller sur notre enfant sans me tenir à l’abri du danger également. Tu assumais le rôle de « gardien » même si je ne comprenais pas toujours tes actions ou alors je rejetais ton message. Maintenant, je comprends que tu tentais de nous éloigner du mal. À présent, nous sommes assoiffées de ta compassion, de ton soutien, de la sécurité que tu nous apportais ainsi que du respect que tu avais envers nous. Tu NOUS manques.

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Tu vis en elle !

Elle a de grands yeux, comme toi. La façon dont vous regardez fixement les choses, comme si vous aviez une vision différente du le reste du monde. Tu vis à travers ses yeux. Elle me demande de lui parler de toi alors je le fais avec plaisir en lui racontant un conte sur son père. Aussi, elle a une ambition tellement grande qu’elle ne peut être contenue ; elle ne craint rien, même pas elle-même. Comme moi, elle a du mal à s’ouvrir aux gens. Enfin, elle est pratiquement comme toi, prudente jusqu’à ce que l’on gagne sa confiance. Enclin à des sautes d’humeur extrêmes, la musique et la famille sont son évasion. Tu es enraciné si profondément en elle comme si vous n’étiez qu’UN.

Rêveuse, fonceuse, introvertie, capricieuse, audacieuse, amoureuse de la musique, et de la famille, ton esprit est si vivant à travers cette petite fille de 5 ans. Alors, sache que je vais toujours nourrir les nombreuses facettes de ta personnalité qui coulent dans son sang.

Le passé reste du PASSÉ

Notre relation était tumultueuse et j’aurais supporté un million de fois encore de souffrir si j’avais su quel serait le résultat final. Nous pouvons rire de notre histoire chaotique maintenant car à travers tout cela, notre fille a ses 2 parents et en parallèle, nous avons trouvé l’Amour. La vie est une question d’évolution. S’améliorer exige de l’honnêteté. La vérité est que nous ne pouvions pas nous aimer car nous n’avions pas la moindre idée de ce que cela signifiait de manifester un amour mutuel.

Je sais maintenant, qu’en ne te décrivant pas tel un ROI, je lui enseignais distinctement que tu n’étais rien de plus que des chiffres. Tu reconnaissais que faire mon éloge faisait partie du processus ; sauf qu’en ne m’honorant pas telle une REINE, cela a privilégié ton reflet. Par conséquent, tu lui as indirectement enseigné, que j’étais une mère indigne et que je ne valais rien. Dieu sait que je pourrais dire du mal de toi même si je le voulais. Et je suis sûre que tu n’as pas été d’accord avec certaines de mes décisions et actions ; mais nous avons un enfant qui nous rappelle tous les jours que nous ne pouvons plus nous permettre d’être ennemis. Nous sommes une FAMILLE !

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Je promets qu’en dépit de ta condamnation, je ne permettrais jamais que ton aura disparaisse. Tu vas briller et vibrer à travers l’univers sans te soucier de qui pourrait te voir lorsque tu es dans le coin. Par le biais de cette lettre, je promets de te pardonner et d’être patiente au quotidien ; d’oublier le passé et de propager uniquement les aspects de ta personnalité. Ainsi ta fille saura que peu importe où tu es, proche ou loin, il n’y aura jamais un autre homme qui l’aime autant que toi.

Elle me manque terriblement à chaque fois que je sors, même si je sais que je vais la revoir à la fin de la journée. Donc, je ne peux pas imaginer la douleur que tu dois ressentir d’être loin d’elle pendant près de 2 ans. Je ne peux pas vous réunir pour l’instant, mais je t’assure que l’esprit d’une personne est plus puissant que son corps. Tu es absent mais tu es l’art et la musique qui coulent à travers la vie. Tu es en VIE et c’est ce qui compte.

Cette lettre ouverte est mon engagement de ne jamais laisser ton esprit s’éteindre. Certes, ils t’ont réduit à des numéros, mais pour cette belle petite fille de 5 ans, tu seras toujours son «PAPA»  Ceci est ma promesse !
Joycee Mukashema
De par mon vécu, j’ai su convertir chaque épreuve de ma vie en force afin d’inspirer mon entourage. Passionnée par les relations humaines, je tends à élargir cette force pour que chacun transforme sa plus petite faiblesse en moteur de sa vie…
Ne sois pas esclave de ton passé mais une force pour ton avenir.

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