Comment Comprendre Ses Émotions Pour Mieux Les Gérer

Le monde des émotions est souvent perçu comme une véritable terra incognita. Et pourtant c’est quelque chose que tout être humain doit affronter au quotidien. Très souvent les gens associent les émotions à de la «faiblesse» et cherchent à les «dominer» afin d’être psychiquement plus forts.

Nous verrons à continuation que les émotions ne sont pas un signe de faiblesse, mais plutôt un état humain tout à fait naturel. Bien que cet état soit indispensable pour toute personne, il est tout de même possible d’apprendre à les gérer. Mais pour comprendre comment les gérer, il faut d’abord les comprendre.

Qu’est-ce qu’une émotion?

Dans son ouvrage Le décodeur des émotions, Yves-Alexandre Thalmann donne sa propre définition:

« Une émotion est donc une réponse à un événement déclencheur. Cet événement peut être externe, c’est-à-dire souvenir dans la réalité, ou interne, à savoir une pensée (souvenir, souci, anticipation, etc.). Précisons que beaucoup de nos émotions sont uniquement déclenchées par nos pensées, sans qu’aucun événement se soit produit. Ainsi les rémunérations mentales qui provoquent l’anxiété ou les scénarios catastrophes que nous nous jouons bien malgré nous. »

Pour comprendre la notion d’émotion, il faut tout de même être capable de la distinguer des autres notions qui sont similaires. Par exemple on a souvent tendance à penser qu’une émotion est un sentiment. Sais-tu qu’il existe une réelle différence entre chacun de ces termes?

« Une émotion est un phénomène affectif passager, qui ne dure guère plus que quelques minutes et qui s’accompagne de forts bouleversements physiologiques. Un sentiment est un phénomène affectif qui peut se prolonger (parfois à vie) et qui se produit principalement dans le mental, avec un peu ou pas de répercussions sur le corps. »

Après avoir expliqué ce qu’est une émotion, il semble important de les identifier. Donc voici les différentes catégories d’émotions:

Les différentes catégories d’émotions

En principe il y a deux catégories d’émotions. D’un côté il y a les émotions dites «fondamentales» et d’un autre côté les émotions «secondaires».

Les émotions fondamentales « possèdent une expression faciale caractéristique et universelle ; celles-ci sont innées à chaque bébé, peu importe le lieu de sa naissance, le manifeste de la même façon[…]. » Ces émotions sont au nombre de quatre:

  1. la joie: elle « s’exprime par le sourire et la fermeture des yeux ».
  2. la tristesse: elle « s’exprime par les larmes et par une sorte d’accent circonflexe sur le front, conférant un air de chien battu ».
  3. la peur: elle « s’exprime par l’ouverture des yeux (mais pas de la bouche) ».
  4. la colère: elle « s’exprime par une vague sur le front, la fermeture partielle des yeux et une sorte de torsion sur la bouche. »

D’un autre côté, on a les émotions secondaires qui sont plus nombreuses et plus complexes. En effet, «ceux-ci peuvent être plus complexes, dans le sens qu’ils nécessitent une véritable élaboration mentale […]». C’est le cas de la honte, de la culpabilité, ou encore de la jalousie. S’y ajoutent à cette catégorie les émotions qui sont moins évidentes, car non identifiables directement sur le visage. Par exemple; le mépris, l’orgueil, la fierté, la sympathie, l’antipathie, la tendresse, la gratitude, entre autres.

Il est important de préciser que ce n’est pas parce qu’une émotion est secondaire qu’elle est moins importante. Ce n’est qu’une question de classification.

Et qu’en est-il de l’amour? Est-ce que c’est une émotion?

«L’amour n’est pas considéré comme une émotion de base. Non seulement ce ressenti ne s’exprime pas de façon univoque sur le visage (il n’y a pas d’expression faciale caractéristique chez l’amoureux), mais surtout il est lui-même composé de plusieurs émotions: la tendresse, l’attirance, la joie, le désir, l’attachement, l’appréhension,etc.».

Il existe tout de même des émotions qui peuvent être considérées comme «hybrides». C’est le cas notamment de la colère ou de la peur qui peuvent être vécues à la fois comme une émotion ou un sentiment.

Les fonctions des émotions

Bien que l’on est souvent une idée assez négative des émotions, celles-ci ont en réalité une fonction très précise et nécessaire:

«L’émotion est un véritable mécanisme de traitement de l’information extrêmement rapide, implanté en nous à une époque immémoriale en vue d’assurer la survie.»

C’est-à-dire que les émotions sont en réalité là pour nous faire du bien. Le fait est qu’il y a des émotions qui sont «très désagréables» et d’autres qui sont «très désagréables». D’ailleurs il existe un axe gradué à l’image d’un thermomètre. Le voici:

L’auteur du livre confirme cela:

«[…] il n’existe aucune émotion négative, pas plus qu’il n’existe de voyants lumineux négatifs sur un tableau de bord: tous ont leur fonction et tous sont utiles! Certains sont désagréables et on préférerait qu’ils ne s’allument pas, mais ils restent utiles à la bonne marche du véhicule. De même, on préférerait être épargnés par certaines émotions, mais il n’en reste pas moins qu’elles sont utiles à notre bon fonctionnement. »

Qu’est-ce que nous apportent les émotions de manière concrète?

  1. Elles «nous rendent vivants».
  2. Elles «nous permettent de vivre ensemble, elles sont le ferment de notre vie sociale».
  3. Elles «servent à communiquer».
  4. Elles «nous permettent d’évoluer».

«De manière encore plus simple, les émotions agréables viennent signaler que nos besoins sont satisfaits, alors que les émotions désagréables sont le signal qu’un ou plusieurs besoins sont insatisfaits».

Quels sont ces besoins dont parle l’auteur? Il s’agit d’une des théories les plus célèbres dénommée la « théorie des besoins » inventée par Abraham Maslow. Avec sa pyramide des besoins, Maslow cherche à hiérarchiser les besoins humains. Cette pyramide «[…] postule qu’il faut satisfaire les besoins en commençant par le bas de l’édifice et monter graduellement les étages». Voici la pyramide en question:

«Il faut d’abord satisfaire ses besoins physiologiques (faire marcher la machine biologique), puis se mettre en sécurité, s’inscrire dans des groupes d’appartenance (ne pas être livré à soi-même), obtenir de la reconnaissance de la part d’autrui et enfin s’épanouir (se réaliser pleinement).».

Comment gérer tes émotions?

La première chose à avoir en tête pour apprendre à gérer tes émotions désagréables c’est qu’il faut enlever de ta tête tous les a priori que tu as pu avoir vis-à-vis des émotions. Cela est associé aux vieilles croyances sociales que tu as pu avoir comme le fait de penser qu’un homme, un vrai ne pleure pas. Ou encore qu’une femme ne devrait pas se mettre en colère, que les lâches sont les seuls à avoir peur, ou qu’il faut éviter à tout prix de montrer sa joie en public. Mais le fait est que tout cela est FAUX.

Une autre croyance classique qui est fausse c’est de penser que les émotions sont le résultat d’un manque d’intelligence:

« Pour beaucoup d’entre nous, les émotions appartiennent à notre côté irrationnel,irréfléchi et impulsif. Tout l’inverse de l’intelligence! ». Mais les scientifiques ont su prouver le contraire «[…] les émotions, loin de perturber les prises de décision , les rendent plus efficaces. Elles recèlent des informations utiles pour permettre à l’individu de s’adapter au mieux à son environnement. » D’où le concept d’intelligence émotionnelle inventé par Daniel Goleman.

Que faut-il faire pour apprendre à apprivoiser tes émotions? Voici les points à retenir :

  1. Reprogramme ton cerveau en enlevant tes anciennes croyances sur les émotions.
  2. Prends conscience du cogito de Descartes « Je pense donc je suis ». C’est-à-dire que toute personne est dotée d’intelligence, de ce fait tout le monde est en principe capable d’avoir cette fameuse intelligence émotionnelle. Ne doute donc jamais de ton intelligence.
  3. Accepte de vivre tes émotions. Autrement dit, n’essaye pas de limiter l’intensité de tes émotions en les cachant ou en les réduisant au silence. Applique l’ACT, (la thérapie d’ acceptation et d’engagement, en anglais l’Acceptance and Committment Therapy), terme issu de la psychothérapie. « L’ACT propose l’acceptation de l’émotion plutôt que le jugement ou le contrôle du ressenti. Cette démarche a montré son utilité dans la thérapie de divers troubles psychiques, notamment la dépression et les angoisses ». Tu peux donc commencer par employer des formules simples, mais efficaces comme « c’est OK » ou « c’est ce que je vis maintenant ».
  4. Applique ce qu’on appelle en anglais le mindfulness, c’est-à-dire « la pleine conscience ». C’est à dire le fait de donner toute ton attention à l’expérience présente. Au lieu de commenter ce que tu vis, soit dans le ressenti. Soit dans «l’être» plutôt que dans le «faire».
  5. Détends-toi. Il est scientifiquement prouvé que détendre la musculature sous le coup de l’émotion diminuera automatiquement son intensité.
  6. Force-toi à sourire. « Les émotions produisent des expressions faciales. Mais l’inverse est aussi vrai: les expressions faciales informent le cerveau sur l’émotion ressentie et contribuent à accentuer l’humeur correspondante. Se forcer à sourire est un excellent moyen d’améliorer son humeur et de devenir un peu plus joyeux. »
  7. Verbalise ton ressenti. Le simple fait de nommer une émotion permet de l’atténuer.
  8. N’entre pas dans la « catharsis », c’est-à-dire l’expression de ton émotion. Par exemple crier dans une forêt, taper sur un matelas sous le ton de la colère. Tout cela n’est pas efficace, au contraire cela intensifie l’émotion.
  9. Relativise les situations. Cesse d’extrapoler les choses et de penser que tout ce qui arrive est grave. C’est notamment le cas de la colère. Que faire? Remplace tes pensées automatiques en reconnaissant que la plupart de tes émotions sont le fruit d’interprétations et que de ce fait tu as le pouvoir d’être objectif ou bien d’interpréter les choses de manière positive.

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