Les Bienfaits de la Solitude selon Winnicott – psychanalyste anglais

« Le fondement de la capacité d’être seul est l’expérience vécue d’être seul en présence de quelqu’un ».

Donald D. Winnicott

Les bienfaits de la solitude selon Winnicott- psychanalyste anglais 

Nous sommes en plein cœur du mois de février , autrement dit le « mois de l’amour ». Si bien une Saint-Valentin « sans Valentin » ou encore une Saint-Valentin « avec un Valentin » avec qui l’on se sent seule peut sembler difficile à vivre pour certaines femmes. C’est parce que la solitude est perçue comme quelque chose de négatif dans la société dans laquelle nous vivons. Mais saviez-vous que nous pouvons voir la solitude d’une perspective complètement différente ? En effet, si la solitude peut paraître très angoissante c’est pourtant quelque chose de nécessaire, voire même de sain. Et rien de mieux qu’un des meilleurs psychanalystes de notre époque pour nous l’expliquer.

Nous avons presque toutes entendu parler au moins une fois dans nos vies de Sigmund Freud (1856-1939), car c’est la référence en psychanalyse, et pourtant une autre pointure du même domaine Donald W. Winnicott (1896-1971) se démarque par sa grande empathie. En effet, Winnicott, brillant pédiatre et psychanalyste anglais a été l’un des premiers à s’être penché sur la question de la solitude. Dans son célèbre ouvrage La capacité d’être seul, ce dernier nous explique les bienfaits de la solitude.

Voici les cinq points importants à retenir :

1. La relation à deux : la relation mère-enfant

Si bien l’origine de nos comportements, de nos angoisses et de nos peurs commence dès le berceau c’est parce que la première relation que nous avons est celle avec notre mère. Comme l’affirme si bien Winnicott «Un bébé, ça n’existe pas» , cela sous-entend qu’un bébé seul n’existe pas. Contrairement à Freud, Winnicott met en scène un petit enfant qui est en présence de sa mère et qui fait l’expérience de sa solitude tout en étant accompagné. Pour lui ce ne sont pas les conséquences de la séparation qui importent ici, mais plutôt l’aptitude que nous avons à être psychiquement seuls en étant physiquement avec autrui, en l’occurrence avec notre mère.

La question réside donc dans la capacité de la mère à permettre à son enfant même lorsqu’il est tout-petit d’apprécier ses instants avec lui-même. Autrement dit la mère qui n’est pas absente, mais « absentisée » par l’enfant , c’est-à-dire absente dans l’esprit de l’enfant , doit être dans la possibilité de suivre le cours de sa vie personnelle en rassurant l’enfant. Cette étape est celle qui va conditionner la maturité émotionnelle chez tout être humain . En effet l’objectif de Winnicott est « […] d’étudier la capacité de l’individu d’être seul , présumant que cette attitude constitue l’un des signes les plus importants de la maturité du développement affectif ».

2. Le passage de la dépendance à l’indépendance : un processus déterminant

De l’incapacité à la capacité à être seule, il y a tout un processus qui se crée. Mais qu’est-ce qui permet le passage de l’un à l’autre ? Et bien c’est ce que Winnicott appelle le passage de la dépendance (avec la mère) à l’indépendance (avec soi). C’est-à-dire ce moment où l’enfant c’est trouvé lui même. Comme il est si bien précisé dans le livre «  Au tout début, donc,il faut être deux pour être seul et l’individu devenu mature sait ainsi protéger son noyau de solitude sans rompre contact ni avec lui-même, ni avec les autres ».

Janice Jootsema

3. La relation avec soi même : le « self »

Cette relation est en réalité une relation qui a lieu avec soi-même ou relation à un. Et c’est cette relation qui va constituer l’être d’un individu à part entière. Et le noyau de cet être c’est ce que Winnicott appelle le self. Ce self est la conséquence de la relation mère-enfant. Plus concrètement, le self c’est le sentiment d’être réel, entier, une personne spécifique et singulière, le sentiment que le corps et l’esprit sont en accord.

Ce moment est d’ailleurs crucial, car l’enfant qui n’a pas acquis la capacité d’être seul est toujours est toujours dans un état d’immaturité et par conséquent de dépendance. Si cela se produit alors, l’enfant risque de s’isoler pathologiquement et par la même de se créer un faux-self. Ce sont très souvent les traumatismes et les mauvaises expériences du type séparation, perte, éloignement, indifférence, trahison, incompréhension ou infidélité qui pourraient ramener de manière douloureuse et angoissante le sujet à sa condition d’être seul.

C’est pour cela que certaines personnes n’ont pas appris à bien constituer leur self et sont alors « co-dépendantes ». Et les personnes co-dépendantes souffrent très souvent d’anxiété émotionnelle et affective et la plupart du temps se retrouvent coincées dans des relations toxiques. Comment crever l’abcès ? «Être à l’écoute de l’incapacité d’être seul apparaît comme une priorité dans ces prises en charge, mais elle requiert de prêter une attention spécifique au langage préverbal et nécessite une qualité de présence du clinicien […] ». C’est le problème qui devient la solution. La solitude devient la solution au problème. Il faut donc être capable de l’affronter.

4. La notion de «solitude» : l’importance du silence

Pour Winnicott « Le fondement de la capacité d’être seul est l’expérience vécue d’être seul en présence de quelqu’un ». Il est donc important lorsqu’on est dans la phase de création du « self », même en étant devenu physiquement adulte, de se trouver dans les bons moments de solitude. Créer des moments sains de solitude. À ne pas confondre avec un isolement qui serait en réalité un enfermement en soi issu de réactions devenues pathologiques.

Bien au contraire, la cure se trouverait de créer un lieu propice au bien-être . Un lieu de retrouvailles du sujet avec sa capacité de solitude , avec sa liberté de s’isoler sans s’enfermer. Que faire alors ? « Tout comme aux origines il faut être deux pour être seul , dans la cure ‘ il faut être deux pour guérir de l’isolement et du vide intérieur’, guérir de cette incapacité d’être seul qui a rompu parfois le lien avec soi-même et avec les autres, guérir de la dépendance qui entrave le sentiment d’être un sujet à part entière ». D’ailleurs, pour Winnicott le silence va constituer un aboutissement à la cure , montrant que le patient est « capable , pour la première fois, d’être seul».

5. La communication: un élément clé

La communication est très importante. Winnicott distingue la communication de la non-communication. Pour ce qui est de la non-communication cela représente d’un coté le simple fait de ne pas communiquer ( sain, car équivaut au repos ) et il y a d’un autre coté ne pas communiquer d’une manière active ou réactionnelle ( pathologique et malsaine ). Ensuite pour ce qui est de la communication il ne s’agit pas de n’importe quel type de communication. En effet «  Une communication explicite et source de plaisir, et elle implique des techniques extrêmement intéressantes, y compris celle du langage ». C’est-à-dire que dans le processus de constitution du self il est important d’apprendre à communiquer et à non-communiquer sainement.

Nous sommes donc capables d’être seules si nous suivons les conseils de Winnicott. La recette est donc travailler sur son self en créant un espace de solitude sain, apprendre à créer son propre espace de bien-être intérieur , apprendre à être positivement seul en présence des autres , et communiquer de manière saine.

La capacité d’être seul serait donc un excellent cadeau à s’offrir à soi-même pour la Saint-Valentin. Et n’oubliez pas Femmes d’Influence qu’on n’est jamais seuls, car on est toujours avec soi-même. Je m’appelle Stéphanie Pairol Leal et j’espère qu’avec cet article j’aurai réussi à vous montrer les bienfaits de la solitude.

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